Le goema : le rythme du Cap

Un tambour monté comme un tonneau de vin, un rythme qui se bat du pied, et un mot sur lequel trois bonnes sources divergent. Le goema va du défilé du nouvel an aux chœurs malais jusqu'au Cape jazz, et il naît d'esclaves faisant un instrument de ce qu'ils avaient sous la main.

La réponse courte

Le goema est à la fois un tambour et la musique capetonienne bâtie sur son rythme. Le tambour n'a qu'une peau et se monte en douves de bois et cercles de métal, comme un petit tonneau de vin ; on le joue sous le bras, la main gauche sur la pulsation et la main droite sur le rythme. Ce rythme porte le défilé des klopse du nouvel an, les concours de chœurs malais et une bonne part du Cape jazz. L'orthographe varie entre goema, ghoema et ghomma, et l'étymologie aussi : le Dictionary of South African English le rattache probablement à un mot malais dialectal apparenté à gong, quand Valmont Layne le relie à ngoma.

En bref

Le tambour
une seule peau, monté en douves et en cercles comme un tonneau de vin, porté sous le bras (Martin)
Comment on le joue
la main gauche marque la pulsation, la main droite joue le rythme (Layne, université du Western Cape)
Graphies
goema, ghoema, ghomma, et plusieurs autres relevées par le Dictionary of South African English
Étymologie
pour le DSAE, probablement un mot malais dialectal apparenté à gong ; pour Martin, très probablement une création créole ; pour Layne, un lien avec ngoma
Première citation anglaise
1934, sous la forme gomma (DSAE)
Où on l'entend
concours de klopse et de chœurs malais, musique de bal langarm et vastrap, et Cape jazz (Martin)
Second sens
depuis les années 1980, un style qui mêle la musique des klopse au jazz et au rock (DSAE)

Commençons par l'objet

Un goema est un tambour que l'on peut porter. Denis-Constant Martin, dont le livre Sounding the Cape est l'étude la plus complète de cette musique, le décrit comme un tambour de bois à une seule peau, monté comme un tonneau de vin, en douves tenues par des cercles métalliques. On le cale d'ordinaire sous un bras et on le frappe des deux mains. Valmont Layne, chercheur à l'université du Western Cape, donne la même image et ajoute la répartition des tâches entre les mains : la gauche marque la pulsation, la droite joue le rythme.

Martin souligne l'évidence que l'on oublie facilement. C'est un instrument créole, inventé dans un pays de vin avec les matériaux que des personnes esclavagisées pouvaient réellement se procurer, certaines d'entre elles travaillant comme tonneliers. Il le rapproche des tambours que les esclaves des îles à sucre des Caraïbes fabriquaient avec des barriques de rhum, comme le gwo-ka guadeloupéen. La forme de l'objet est un morceau d'histoire économique du Cap.

Le mot, et la dispute qu'il suscite

Vous verrez imprimés goema, ghoema et ghomma, et tous désignent le même tambour et le même rythme. Notre article sur le Cape jazz emploie goema.

L'origine du mot est réellement contestée, et les deux meilleures sources que nous avons consultées divergent. Le Dictionary of South African English donne la vedette ghomma, le relève dans des écrits anglais dès 1934, et le rattache probablement à un mot malais dialectal lié à gong, en ajoutant que la ressemblance avec le xhosa et le zoulou ingoma est sans doute fortuite. Valmont Layne écrit qu'il est plus que probable que le mot ait de fortes attaches avec ngoma, terme qui désigne le tambour et les pratiques rituelles et de guérison dans une grande partie du continent. Martin expose les deux hypothèses, plus un arc musical khoikhoi appelé gom-gom et la suggestion d'I. D. du Plessis selon laquelle le mot imiterait simplement le son, et conclut que la réponse la plus probable est que ghoema est une invention créole, née là où plusieurs mots pour tambour, rythme et musique se sont rencontrés au Cap.

Ce n'est pas un échec de la recherche. C'est à quoi ressemble un mot fabriqué par des gens de quatre continents vivant dans un même port.

Le rythme

Le beat est une courte figure répétée deux fois par mesure, et Martin l'imprime en notation plutôt que de la décrire, parce qu'elle est plus simple à jouer qu'à expliquer. Il note aussi qu'on peut la produire sans tambour du tout : les banjos et les guitares peuvent la porter, et dans un défilé de rue les pieds et les cannes y suffisent.

Ce que Martin en dit est plus intéressant que sa forme. Il juge le beat ghoema très proche du rythme vastrap de la boeremusiek et du langarm, le relie, par l'ethnomusicologue Simha Arom, à la figure indlamu qui sous-tend le jazz africain et le mbaqanga, et avance qu'il s'est imposé comme pulsation de base de la musique du Cap parce qu'il était le plus petit dénominateur commun des habitudes rythmiques de tous ceux qui vivaient là. Une pulsation créole unificatrice, selon sa formule.

Le carnaval, les chœurs et les chansons

La plupart des Capetoniens rencontrent ce rythme au nouvel an, sous les troupes /fr/products/blogpost/753/ et les chœurs malais. Les répertoires ont des noms. Les ghoemaliedjies étaient des chansons à danser accompagnées du tambour, chantées dans les rues et aux pique-niques, et Martin note que leurs paroles étaient d'ordinaire acérées, faites pour moquer ceux qui détenaient l'autorité ou prétendaient l'avoir. Leurs descendants sont les moppies en afrikaans, ces chansons comiques qui restent l'un des numéros de concours les plus populaires : des pots-pourris qui cousent des bribes de mélodies existantes à du matériel neuf, tenus ensemble par le beat ghoema, bâtis sur l'appel et la réponse, avec un soliste qui joue autant qu'il chante. À côté d'elles, les nederlandsliedjies, chansons lentes et très ornées, dont les ornements s'appellent karienkels.

Les deux termes appartiennent à des communautés que d'autres nomment depuis des siècles. « Cape Malay » est l'une de ces étiquettes, largement employée et contestée aussi, et beaucoup de familles préfèrent Cape Muslim. La musique n'a besoin ni de l'un ni de l'autre mot pour être comprise.

Le goema et le jazz

C'est ici que le rythme quitte le défilé. Martin écrit que le tambour ghoema s'était déjà infiltré dans le jeu des batteurs de jazz du Cap avant que quiconque l'emploie consciemment dans une fusion. Quand les musiciens ont commencé à le faire délibérément, dans les années 1980, le résultat a reçu son propre nom. Les Genuines, menés par le bassiste Gerald « Mac » McKenzie, avec Hilton Schilder au piano et souvent Robbie Jansen, ont appelé ghoema leur forme jazzy de rock, et gravé Mr Mac and the Genuines pour Shifty Records en 1987. Le Dictionary of South African English enregistre exactement ce second sens du mot : un style mêlant la musique des klopse au jazz et au rock, popularisé dans les années 1980. McKenzie et Schilder ont travaillé plus tard avec les Goema Captains of Cape Town.

La lignée continue. Le pianiste Kyle Shepherd, cité dans le livre de Martin, crédite Alvin et Errol Dyers, Hilton Schilder, Robbie Jansen et McKenzie d'avoir pris le ghoema traditionnel et de l'avoir prolongé jusqu'à en faire une forme d'art. Layne place Abdullah Ibrahim dans la même conversation, et Martin avance que l'idée même de Cape jazz a été inspirée par la façon dont Ibrahim retravaillait les airs de carnaval. Notre page /fr/cape-town-explained/mannenberg/ suit un morceau tout au long de ce chemin, et le réseau interactif des musiciens de Cape jazz montre à quel point ce petit groupe de musiciens est étroitement lié.

Sur scène et au musée

Le goema a aussi été le sujet plutôt que la bande-son. David Kramer et Taliep Petersen ont écrit une comédie musicale intitulée Ghoema, créée au Baxter Theatre en novembre 2005, qui prend le tambour comme porte d'entrée dans l'histoire musicale du Cap et dans la traite qui l'a façonnée. Denis-Constant Martin signale une exposition des musées Iziko au Castle, en 2010 et 2011, intitulée Ghoema and Glitter.

Pourquoi cela compte aujourd'hui

L'argument final de Martin sur ce rythme est politique. Parce qu'il sort de l'histoire des plus pauvres d'une ville portuaire, le jouer et le nommer est devenu une façon de reprendre cette histoire. Layne dit la même chose plus brièvement quand il appelle le goema l'essence rythmique de la vie collective des pauvres. Un tambour fait d'un tonneau de vin par des gens qui n'étaient pas libres est aujourd'hui ce que Le Cap montre du doigt quand il veut dire à quoi il ressemble.

Chronologie

  1. 1820 plus ancienne mention relevée par Kirby d'un tambour joué par des personnes esclavagisées dans la colonie du Cap, un tronc évidé à la peau de mouton non tannée, citée par Martin.
  2. 1907 le premier concours organisé du carnaval du nouvel an se tient au Green Point Track, avec orchestres à cordes et tambours.
  3. 1934 le mot est relevé pour la première fois dans un texte anglais, orthographié gomma, par le Dictionary of South African English.
  4. 1939 Percival Kirby décrit le tambour comme un petit tonneau à la peau clouée sur l'une des deux extrémités ouvertes.
  5. 1949 les moppies en afrikaans, bâtis sur le beat ghoema, sont introduits dans les concours du carnaval.
  6. 1987 les Genuines enregistrent Mr Mac and the Genuines pour Shifty Records et appellent ghoema leur musique.
  7. 2005 Ghoema, de David Kramer et Taliep Petersen, est créé au Baxter Theatre le 11 novembre.

Le saviez-vous ?

Le saviez-vous ?

Le tambour goema a donné son nom à un genre. Le dictionnaire fait remonter le mot au malais, pas à ngoma.

Le goema est à la fois un tambour à main en forme de tonneau et la musique capetonienne bâtie sur son rythme. Le Dictionary of South African English rattache le mot, probablement, à un terme malais dialectal apparenté à gong.

Le goema est un tambour à une seule peau, dont la forme évoque un petit tonneau de vin : la main gauche marque la pulsation, la main droite porte le rythme. Son timbre entraîne les défilés des Kaapse Klopse et traverse une bonne part du Cape jazz. Le Dictionary of South African English relève le mot dès 1934 dans des textes anglais, avec les graphies ghomma, ghoema, gooma et d'autres, et le rattache probablement à un mot malais dialectal apparenté à gong. Il ajoute que la ressemblance avec des mots bantous comme le xhosa et le zoulou ingoma est sans doute fortuite. Une autre explication, très répandue, fait venir le mot de ngoma, terme africain courant pour tambour. On la lit souvent, elle finira peut-être par se vérifier, mais le dictionnaire ne l'appuie pas.

Musique Cape Town Le Cap

Source: Dictionary of South African English: ghomma · Wikipedia: Cape jazz

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Le saviez-vous ?

Pour le chercheur Valmont Layne, de l'UWC, le rythme goema est au cœur de la musique du Cap, jazz compris.

Le Cape jazz naît au Cap à la fin des années 1950. Valmont Layne, de l'université du Western Cape, qui a consacré sa thèse au goema, y voit l'essence rythmique de la vie collective des pauvres et en montre les liens avec le Cape jazz.

On date en général le Cape jazz de la fin des années 1950, les Jazz Epistles se formant en 1959. Il a pris la langue harmonique du jazz américain pour la poser sur des rythmes déjà présents dans la rue, au premier rang desquels le beat goema des troupes de carnaval. Valmont Layne, qui a soutenu à l'université du Western Cape une thèse sur le goema et son rapport au Cape jazz, appelle le goema l'essence sonore et rythmique de la vie collective des pauvres, et décrit la figure du tambour ainsi : la main gauche marque la pulsation pendant que la main droite joue le rythme. C'est ce balancement que l'on entend chez Abdullah Ibrahim et dans les saxophones de Basil Coetzee et de Robbie Jansen. Cette musique a largement grandi à District Six, jusqu'à ce que les urbanistes de l'apartheid rasent le quartier et dispersent ses habitants dans les Cape Flats. Denis-Constant Martin écrit dans Sounding the Cape que le beat ghoema s'était glissé dans le jeu des batteurs de jazz du Cap avant d'être employé ouvertement dans le Cape jazz. Savoir si c'est le goema qui distingue le Cape jazz du jazz d'ailleurs reste une discussion, pas une conclusion établie.

Musique District Six 1959 Le Cap

Source: Denis-Constant Martin: Sounding the Cape (African Minds, 2013), p. 353 · University of the Western Cape: Art activist Layne probes goema music for his doctorate

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Le rythme était déjà dans le jeu des batteurs de jazz du Cap avant que quiconque cherche à l'y mettre.

Martin écrit que le beat ghoema s'était déjà infiltré dans le jeu des batteurs de jazz du Cap avant d'être employé explicitement dans les fusions et le Cape jazz, et qu'il est très proche du vastrap de la boeremusiek et du langarm.

On explique souvent le Cape jazz par la décision de musiciens de faire entrer un rythme de carnaval dans le jazz. Le récit de Martin est moins volontaire. Il écrit que le tambour ghoema, tel qu'on l'entend chez les klopse, les chœurs malais, les nagtroepe, la musique de bal et le jazz, joue le beat ghoema ; que ce beat est très proche du rythme vastrap employé dans la boeremusiek et le langarm ; et qu'il s'était infiltré dans le jeu des batteurs de jazz du Cap avant même d'être utilisé explicitement dans les fusions et le Cape jazz. Il note aussi que les klopse et les orchestres de langarm ont servi d'école aux musiciens du Cap, où l'on apprenait à poser n'importe quelle mélodie sur le beat ghoema. Ce qui s'est produit dans les années 1980, c'est que cette habitude a été systématisée et appliquée à un matériau neuf. Martin ajoute que l'idée même de Cape jazz a probablement été inspirée par la façon dont Abdullah Ibrahim retravaillait les airs de carnaval.

Musique Cape Town Le Cap

Source: Denis-Constant Martin, Sounding the Cape: Music, Identity and Politics in South Africa (African Minds, 2013) · University of the Western Cape: Art activist Layne probes goema music for his doctorate

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Le tambour se monte comme un tonneau, en douves et en cercles, par des gens souvent tonneliers.

Denis-Constant Martin décrit le goema comme un tambour de bois à une seule peau, monté en douves tenues par des cercles métalliques, fait dans un pays de vin avec ce que les esclaves pouvaient se procurer. Kirby y voyait en 1939 un petit tonneau à peau clouée sur un bout.

L'instrument dit où il a été fabriqué. Martin décrit le goema comme un tambour de bois à une seule peau, monté comme un tonneau de vin, des douves tenues par des cercles métalliques, joué d'ordinaire sous le bras et frappé alternativement de la main droite et de la main gauche. Il y voit sans hésiter un instrument créole, fabriqué dans un pays de vin avec les matériaux à la portée des personnes esclavagisées, dont certaines travaillaient comme tonneliers, et le rapproche des tambours inventés par les esclaves des îles à sucre des Caraïbes à partir de barriques de rhum, comme le gwo-ka guadeloupéen. Le Dictionary of South African English reprend la description de Percival Kirby, en 1939, d'un tambour fait d'un petit tonneau avec une peau clouée sur l'une des deux extrémités ouvertes. Valmont Layne, en chercheur de l'UWC, décrit la même chose : un tonneau de vin transformé en tambour à une peau.

Musique Cape Town Le Cap

Source: Denis-Constant Martin, Sounding the Cape: Music, Identity and Politics in South Africa (African Minds, 2013) · Dictionary of South African English: ghomma

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Les Genuines ont appelé ghoema leur rock jazzy, et le dictionnaire en a fait un sens du mot.

Martin écrit que les Genuines, menés par Mac McKenzie avec Hilton Schilder et souvent Robbie Jansen, ont nommé ghoema leur musique et gravé Mr Mac and the Genuines chez Shifty Records en 1987. Le Dictionary of South African English fait de ce style des années 1980 un second sens du mot.

Le mot n'a pas seulement voyagé du carnaval vers le jazz : il a été revendiqué. Martin écrit que le mélange de jazz et de ghoema a été systématisé par les Genuines, groupe mené par le bassiste Gerald « Mac » McKenzie, avec le pianiste Hilton Schilder du côté jazz et Robbie Jansen souvent de la partie, et qu'ils ont décidé d'appeler ghoema leur forme jazzy de rock. En 1987, ils sont entrés en studio avec le père de McKenzie, le joueur de banjo connu comme Mr Mac, pour graver Mr Mac and the Genuines chez Shifty Records, un album qui comprend des airs de klopse comme « Baba Riebab ». Le Dictionary of South African English enregistre exactement cela comme second sens de la vedette : un style qui mêle klopse, jazz et rock, popularisé dans les années 1980 par des groupes dont les Genuines. McKenzie et Schilder ont travaillé plus tard avec les Goema Captains of Cape Town.

Musique 1987 Le Cap

Source: Denis-Constant Martin, Sounding the Cape: Music, Identity and Politics in South Africa (African Minds, 2013) · Dictionary of South African English: ghomma

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Les chansons comiques du carnaval ont un nom plus ancien : ghoemaliedjies, chansons de tambour aux paroles acérées.

Martin décrit les moppies en afrikaans, l'un des numéros les plus populaires des concours de klopse et de chœurs malais, comme les descendants des ghoemaliedjies : des chansons à danser accompagnées du tambour, chantées dans la rue et aux pique-niques, d'ordinaire caustiques envers les puissants.

Les ghoemaliedjies étaient des chansons de tambour, chantées dans les rues et aux pique-niques pour accompagner la danse, et Martin écrit que leurs paroles ont toujours penché vers le caustique, faites pour moquer ceux qui détenaient ou revendiquaient l'autorité et pour trouver le côté drôle des situations malheureuses. Leurs descendants modernes sont les moppies en afrikaans, des chansons comiques qui comptent parmi les numéros les plus populaires des concours de klopse comme de chœurs malais. Martin décrit le moppie comme une sorte de bricolage musical : un pot-pourri assemblant des bribes de mélodies existantes et du matériel original, cimenté par le beat ghoema, avec une introduction et une conclusion instrumentales, une section plus lente vers la fin pour le contraste, et une structure d'appel et réponse bâtie autour d'un soliste qui mime autant qu'il chante. Les moppies ont été introduits dans les concours du carnaval en 1949 ; les nederlandsliedjies sont devenus un numéro à part entière des concours de chœurs malais vers 1957.

Musique Cape Town 1949 Le Cap

Source: Denis-Constant Martin, Sounding the Cape: Music, Identity and Politics in South Africa (African Minds, 2013)

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La plus ancienne description d'un tambour joué par des personnes esclavagisées au Cap date de 1820.

Martin cite Percival Kirby pour la première mention d'un tambour joué par des esclaves dans la colonie du Cap : elle date de 1820 et décrit un tronc évidé, recouvert à une extrémité d'une peau de mouton non tannée.

Martin, à la suite du musicologue Percival Kirby, donne 1820 comme date de la première mention d'un tambour joué par des personnes esclavagisées dans la colonie du Cap. La description est celle d'un tronc de bois évidé et recouvert à une extrémité d'une peau de mouton non tannée. Ce n'est pas encore le goema du carnaval, monté en douves comme un tonneau, mais c'est la plus ancienne trace écrite de la pratique. L'argument que Martin en tire : des gens venus de cultures où la musique passait presque toujours par des tambours, arrivés dans un lieu où les Khoikhoi en utilisaient aussi, ont conçu leur propre version avec les techniques et les matériaux disponibles. On trouve de tels tambours en bois évidé dans toute l'Afrique, à Madagascar, en Inde et au Pakistan, aux Célèbes, ce qui dessine à peu près la carte des lieux d'où les gens du Cap avaient été arrachés.

Musique Cape Town 1820 Cap-Occidental

Source: Denis-Constant Martin, Sounding the Cape: Music, Identity and Politics in South Africa (African Minds, 2013)

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Un tambour a eu sa comédie musicale : Ghoema a été créée au Baxter en novembre 2005.

Ghoema, la comédie musicale de David Kramer et Taliep Petersen, s'est jouée au Baxter Theatre du 11 novembre 2005 au 7 janvier 2006. Elle prend le tambour comme porte d'entrée dans l'histoire musicale du Cap et dans la traite qui la sous-tend.

L'Encyclopaedia of South African Theatre, Film, Media and Performance décrit Ghoema comme une pièce musicale de David Kramer et Taliep Petersen, créée en 2005 et jouée au Baxter Theatre du 11 novembre 2005 au 7 janvier 2006. Le spectacle retrace les débuts du Cap et l'héritage musical de la région, en remontant la musique jusqu'au commerce des épices et aux personnes réduites en esclavage amenées au Cap du Mozambique, de Madagascar, d'Inde, de Ceylan et d'Indonésie. L'ESAT décrit le ghoema lui-même comme un tambour à une peau fait d'un tonneau ou d'une cuve de bois, assez petit pour être porté et joué en marchant, et avance que le mot viendrait de ngoma, tambour en swahili. Cette étymologie est la populaire, non celle du dictionnaire, ce qu'il vaut mieux garder en tête en lisant la note de programme. L'ESAT donne pour Petersen les dates de 1950 à 2006 : la série du Baxter compte donc parmi ses dernières créations.

Musique Baxter Theatre 2005–2006 Le Cap

Source: Encyclopaedia of South African Theatre, Film, Media and Performance: Ghoema · Dictionary of South African English: ghomma

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Personnes, lieux et musique

  • Abdullah Ibrahim Né Adolph Johannes Brand au Cap en 1934, il grandit à Kensington et apprend le marabi, le langarm et le jazz américain avant de contribuer à fonder les Jazz Epistles en 1959. Il quitte l'Afrique du Sud au début des années 1960, enregistre à Paris sur l'insistance de Duke Ellington, et rentre graver « Mannenberg » en 1974. Il est mort en juin 2026, à 91 ans.
  • Basil Coetzee Saxophoniste ténor né à District Six en 1944, dont la famille fut déplacée à Manenberg au titre du Group Areas Act. Il prend le premier solo de « Mannenberg » en 1974 et portera le nom du township en surnom jusqu'à sa mort. Dans les années 1980, il joue le morceau de meeting en meeting, et c'est ainsi qu'il devient un hymne. Il est mort en 1998.
  • David Kramer Songwriter and playwright who worked with Taliep Petersen on a run of musicals built out of Cape Town's own music, including District Six the Musical in 1987, Kat and the Kings in 1995 and Ghoema in 2005. The pair won a Laurence Olivier Award for best new musical in 1999.
  • Hilton Schilder Pianiste capetonien de la famille de musiciens Schilder, fils de Tony Schilder et neveu de Chris Schilder. Il a apporté le versant jazz des Genuines dans les années 1980 et joué dans les groupes de Robbie Jansen. Mason le cite se souvenant de Jansen haranguant la foule sur le soulèvement pendant que « Mannenberg » jouait.
  • Kyle Shepherd Pianiste et compositeur de musiques de film né au Cap en 1987, venu du violon avant de passer au piano à quinze ans. Il a eu Zim Ngqawana pour mentor et s'est formé en partie autour de l'école M7 d'Abdullah Ibrahim, où sa mère enseignait ; il mène un trio avec Shane Cooper et Jonno Sweetman. Prix Standard Bank Young Artist de jazz en 2014, il a signé la musique de Noem My Skollie.
  • Mac McKenzie Bassiste et compositeur né Gerald McKenzie à Bridgetown, au Cap, en 1951, fils d'un joueur de banjo et chef de troupe de carnaval connu comme Mr Mac. Il a mené les Genuines, le groupe qui a fait passer le rythme goema du carnaval dans le rock et le jazz, puis a appelé goema le résultat. Il est mort en 2024.
  • Robbie Jansen Saxophoniste alto et flûtiste né en 1949, formé sur le circuit rock et soul du Cap et dans le groupe Oswietie avant de participer à la séance de « Mannenberg » en 1974. Surnommé le Cape Doctor, il passe les années 1980 à jouer le morceau dans les concerts anti-apartheid et à haranguer la foule entre deux refrains. Il est mort au Cap en 2010.
  • Taliep Petersen Chanteur, compositeur et metteur en scène, il grandit à District Six et chante avec les klopse dès l'âge de six ans dans la troupe de son père, les Dark Town Strutters. Avec David Kramer, il écrit les comédies musicales qui ont porté sur scène la musique propre au Cap, de District Six the Musical en 1987 à Ghoema en 2005. Il a été abattu chez lui en 2006.
  • Kaapse Klopse Le carnaval du nouvel an du Cap, dont les troupes et les concours sont l'un des lieux où vit le beat goema. Martin rapporte que les moppies en afrikaans, chansons comiques descendues des vieilles chansons de tambour, ont été introduites dans les concours du carnaval en 1949. Taliep Petersen chantait dans la troupe de son père dès l'âge de six ans.
  • Tweede Nuwe Jaar
  • Cape jazz Le nom du jazz tel que Le Cap le joue, bâti sur le beat goema du carnaval, le groove marabi et le son des saxophones des orchestres de bal langarm. Pour Martin, l'idée même en a probablement été inspirée par la façon dont Abdullah Ibrahim retravaillait les airs de carnaval, et ce qui s'est passé dans les années 1980 fut la systématisation d'une habitude plus ancienne.
  • Goema À la fois un tambour et un rythme. Le tambour est un instrument à une seule peau monté comme un petit tonneau de vin, que le Dictionary of South African English rattache, par l'afrikaans, à un mot malais dialectal. Le rythme traverse le carnaval, les chœurs malais et les orchestres de bal, et dans les années 1980 les Genuines ont pris le nom pour leur propre musique.
  • The Genuines Le groupe des années 1980 mené par Mac McKenzie, avec Hilton Schilder aux claviers et souvent Robbie Jansen, qui a fait passer les rythmes du carnaval par le rock et le jazz et appelé goema ce qui en sortait. Il jouait dans les meetings politiques et a enregistré en 1987 avec le père de McKenzie pour Shifty Records.
  • Denis-Constant Martin
  • Valmont Layne
  • Cape Town La ville dont ce graphe raconte surtout la musique. L'étude de Denis-Constant Martin la traite en ville créole, où l'esclavage, le carnaval, la musique d'église, les orchestres de bal et le jazz américain n'ont cessé de se nourrir les uns les autres. L'apartheid a ensuite découpé la ville, rasé District Six et repoussé les gens vers les Cape Flats, et la musique porte cette histoire.
  • District Six Le quartier du centre-ville, nommé en 1867 comme sixième district municipal, où vivaient environ 55 000 personnes avant que l'apartheid ne le vide. Déclaré zone blanche le 11 février 1966, il avait vu partir plus de 60 000 habitants vers les Cape Flats en 1982. Basil Coetzee y est né et Taliep Petersen y a grandi.

Sources

  1. Sounding the Cape: Music, Identity and Politics in South Africa · African Minds · consulté le 19 Sep 2026
  2. Dictionary of South African English: ghomma · Dictionary Unit for South African English · consulté le 19 Sep 2026
  3. Goema superstar: how composer Mac McKenzie reshaped the sound of Cape Town · The Conversation · consulté le 19 Sep 2026
  4. Ghoema · Encyclopaedia of South African Theatre, Film, Media and Performance, Stellenbosch University · consulté le 19 Sep 2026
  5. Art activist Layne probes goema music for his doctorate · University of the Western Cape · consulté le 19 Sep 2026

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