Musique sud-africaine
Un court guide de la musique du pays, du Cape jazz des années 1970 à l'amapiano d'aujourd'hui, et des artistes qui l'ont faite.
Jouer au quiz musical sud-africainSix décennies de musique sud-africaine
La musique populaire sud-africaine n'a jamais eu un son unique. Le Cape jazz a pris forme au Cap dans les années 1960 et 1970, la bubblegum pop et les chansons de protestation ont occupé les années 1980, et le kwaito est devenu le son des années 1990. La house sud-africaine a trouvé un public à l'étranger dans les années 2000 et 2010, et l'amapiano, né dans les townships du Gauteng au milieu des années 2010, s'est répandu bien au-delà du pays à partir de 2019 environ. Les styles se chevauchent, et beaucoup des artistes présentés ici ont travaillé dans plusieurs d'entre eux.
Chaque génération s'est appuyée sur la musique de la précédente. Les jazzmen en exil ont porté la lutte contre l'apartheid devant les publics étrangers, les artistes du kwaito ont posé l'argot des townships sur des rythmes house ralentis, et les producteurs d'amapiano ont fait du log drum un son que l'on entend aujourd'hui bien au-delà de l'Afrique du Sud.
Miriam Makeba
Née à Johannesburg en 1932, Miriam Makeba chante avec les Manhattan Brothers et tient le premier rôle féminin de l'opéra jazz King Kong avant de quitter l'Afrique du Sud en 1959. Lorsque le gouvernement annule son passeport en 1960 commencent trente années d'exil, pendant lesquelles elle tourne avec Harry Belafonte, partage avec lui un Grammy Award en 1966 et témoigne contre l'apartheid aux Nations unies. Elle rentre au pays en 1990 et meurt en Italie en 2008, peu après un concert.
- Pata Pata
- The Click Song
- Welela
- Malaika
Né à Witbank en 1939, Hugh Masekela obtient sa première trompette grâce au prêtre anti-apartheid Trevor Huddleston et quitte l'Afrique du Sud après le massacre de Sharpeville en 1960. En exil, il étudie à Londres et à New York, et en 1968 son enregistrement de Grazing in the Grass se hisse à la première place des classements américains. Bring Him Back Home, écrit après que Nelson Mandela lui eut fait parvenir clandestinement une lettre d'anniversaire depuis sa prison, devient un hymne de la campagne pour la libération de Mandela. Il rentre au pays en 1990 et meurt à Johannesburg en 2018.
Né Adolph Johannes Brand au Cap en 1934, Abdullah Ibrahim grandit à Kensington en écoutant le marabi, la musique de danse langarm et le jazz américain, et cofonde les Jazz Epistles en 1959. En 1974, il enregistre Mannenberg au Cap avec Basil Coetzee et Robbie Jansen, et dans les années 1980 le morceau devient un hymne des rassemblements contre l'apartheid. Il donne son dernier concert public au Cape Town International Jazz Festival en mars 2026 et meurt en Allemagne en juin de la même année, à 91 ans.
Bongo Maffin se forme à Johannesburg en 1996 autour du producteur Jah Seed, né au Zimbabwe, des chanteurs Stoan Seate et Speedy et de la chanteuse principale Thandiswa Mazwai. Le kwaito du groupe épouse l'humeur des premières années de la démocratie, et Thathisigubhu (1998) compte parmi ses plus grands succès. Mazwai entame ensuite une carrière solo, avec l'album Zabalaza en 2004.
Mafikizolo se forme en 1996 avec Theo Kgosinkwe, Nhlanhla Nciza et Tebogo Madingoane, tué en 2004. Né à l'époque du kwaito, le groupe s'oriente ensuite vers l'afropop, et Gate Crashers (2000) devient son album le plus vendu. Khona, le single de 2013 réalisé avec le duo de producteurs Uhuru, lui ouvre un public plus jeune.
Brenda Fassie naît à Langa, au Cap, en 1964, et part adolescente à Johannesburg pour chanter. Weekend Special, enregistré avec Brenda and the Big Dudes en 1983, fait d'elle une star, et sa chanson Black President appelle Nelson Mandela président des années avant son entrée en fonction. Son album Memeza est le disque sud-africain le plus vendu de 1998. Souvent surnommée la Madonna des townships, elle meurt en 2004, à 39 ans.
Nkosinathi Innocent Maphumulo, dit Black Coffee, est né à Umlazi, près de Durban, en 1976 et a étudié le jazz avant de se tourner vers la house. Après la Red Bull Music Academy en 2003, il a bâti une carrière internationale, avec des résidences à Ibiza et des sets à Coachella, et son album Subconsciously a remporté en 2022 le Grammy du meilleur album dance/électronique. Ses disques d'afro house et de deep house ont beaucoup contribué à faire connaître la musique de danse sud-africaine à l'étranger.
Joseph Shabalala fonde le groupe en 1960 et lui donne le nom de Ladysmith, la ville du KwaZulu-Natal près de laquelle il a grandi. Son chant a cappella isicathamiya, un style choral zoulou né dans les foyers des travailleurs migrants, touche un public mondial après la participation du groupe à l'album Graceland de Paul Simon en 1986. Ladysmith Black Mambazo a remporté cinq Grammy Awards, le premier pour l'album Shaka Zulu.
Beatenberg est un trio du Cap, formé de Matthew Field, Robin Brink et Ross Dorkin, dont la pop à guitares emprunte les rythmes de l'afropop. Son deuxième album, The Hanging Gardens of Beatenberg (2014), porté par les singles Chelsea Blakemore, Pluto (Remember You) et Rafael, a été sacré album de l'année aux South African Music Awards.
Sanele Sithole, qui se produit sous le nom de Sun-El Musician, est né au KwaZulu-Natal en 1989. Son premier single, Akanamali, chanté par Samthing Soweto, sort en 2017, devient disque de platine en Afrique du Sud et lance la carrière du chanteur autant que la sienne. Son premier album, Africa to the World (2018), est lui aussi certifié platine.
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Trois styles et leurs origines
Cape jazz
Le Cape jazz, c'est le jazz tel que le joue Le Cap, porté par le rythme goema du carnaval du Nouvel An, le groove marabi des townships et les saxophones des orchestres de danse langarm. Son enregistrement le plus connu est Mannenberg d'Abdullah Ibrahim, gravé au Cap en 1974 avec Basil Coetzee au saxophone ténor.
Explorer le Cape JazzAmapiano
L'amapiano, dont le nom signifie « les pianos » en isiZulu, est né au milieu des années 2010 dans les townships du Gauteng, à partir du kwaito, de la deep house et du jazz. Sa signature est le log drum, une ligne de basse grave et roulante, et des producteurs comme Kabza De Small et DJ Maphorisa l'ont fait entendre bien au-delà de l'Afrique du Sud.
Explorer l'AmapianoKwaito
Le kwaito naît à Soweto au tournant des années 1990 : de la house ralentie, avec des basses profondes, des boucles et des paroles dans l'argot des townships. Il devient le son de la jeunesse noire sud-africaine des premières années de la démocratie, et Brenda Fassie, TKZee et Mandoza ont tous signé des tubes kwaito.
Explorer le Kwaito